Maître Jacques

Publié le par Ben Labarthozic

Il paraît que c’est la crise. Une chose est sûre, des souvenirs plutôt sombres semblent s’abattre sur notre déjà peu crédible championnat à l’heure où l’on pourrait se gargariser d’un retour en force du PSG et un quatuor de tête qui vient ajouter un B majuscule au PLM fantasmé par Thiriez… Ce n’est pas Roro qui va prétendre le contraire. Nous avions déjà évoqué le fait que le bonhomme se répande en bouche un peu partout dans les canards suite à sa « bonne » performance chez les canaris. On sait bien que ce n’est pas l’humilité qui va étouffer le blondinet. Regonflé à bloc, ce dernier s’est même permis de chambrer son ancien président à coups de Jacques Villeneuve qui auront fait marrer une partie de ses adorateurs. En fin connaisseur de grosses bagnoles, Jéjé nous a montré qu’il était tout aussi capable de brouiller les pistes et même, parfois de manière surprenante, à faire preuve d’un sens politique certain. C’est que le gus aura survécu à tout à Paname. Les entraîneurs seront passé, du psycho-rigide au moustachu, en passant par le président qui trouvait qu’il parlait trop mais lui, tel le supporter parisien qu’il est, il est toujours là. En dépit des blessures, des contre-performances et autres. Oui, Rothen, c’est un peu ça finalement, une forme de survie animale qui défie l’entendement dans le contexte parisien…



(certains n'arrêtent pas le progrès... pour d'autres, c'est la connerie...)
 

Une chose à la quelle n’a pas encore goûté Jéjé en revanche, ce sont les délices du comité de visionnage. Cela ne devrait pas tarder quand on sait que, pour rappel, le joueur est l’un des rares de l’histoire à s’être pris quatre matchs pour insultes à l’arbitre dans les coursives d’un vestiaire. Un fait inédit de plus dans l’histoire de Paname. Si Séssegoal est passé entre les mailles du comité nouveau, ce n’est pas le cas de Souleymane Diawara. A tout le moins, il semblerait que les dirigeants aient ouvert une belle boîte de Pandorre à vouloir sanctionner tout ce qui se passe dans notre championnat. L’intention pourrait être louable sur le papier mais l’expérience risque de rapidement tourner au ridicule. Ainsi, on peut se demander comment le même Diawara peut-être exclu du match de dimanche soir quand on sait le traitement subi par le grand Marouane durant toute la partie. Les Marseillais ne s’en sont pas cachés, bravant comme un étendard de virilité leur capacité à mettre le pied quand il le fallait. Un peu une manière de prouver que eux aussi, ils en avaient… Il est d’ailleurs assez amusant qu’une telle équipe mettant en avant son beau jeu soit si fière d’avoir livré un match « à l’anglaise ». Une forme de virilité anglaise qui est, soit dit en passant, sans nous laisser sourire quand on sait de quelle manière se ferait broyer cette petite pute thaï de Valbuena en premiership…



 

Des Marseillais qui n’en sont pas à un paradoxe près, ni dans le cynisme ni dans l’impunité, quand on sait que le Di Meco local revient à la charge pour réclamer le titre retiré de 93 (!). Ce dernier reconnaît pourtant une tentative de corruption avérée mais affirme que le match s’est joué « normalement » (sic). Moi, je pense qu’il faudrait aussi rendre les titres perdus sur la foi du Moggiopoly aux Juventini… Soyons sérieux une minute, la vraie justice voudrait plutôt que « nous » récupérions ce titre. 1993, c’est un peu comme si l’Inter n’avait pas récupéré ses scudetti… Ce fût déjà dit ici mais pour rappel, c’est uniquement pour ne pas se griller auprès de ses abonnés des bouches du rhône que Canal préféra décliner et le titre, et la participation en LDC qui allait avec. N’en déplaise à Di Meco et ses acolytes, au rang desquels un Deschamps, convive régulier du Phocéa, n’est pas complètement étranger aux choses extra-sportives du ballon (sang propre et Moggiopoly époque Juventus donc). Enfin, regarder « On refait le match » peut avoir des vertus cachés. J’ai ainsi appris que l’étoile marseillaise correspondait bien aux 10 titres clamés par le club et non au titre européen. Conclusion : cela fait 13 ans que l’OM porte un maillot non homologué en toute impunité. En même temps, quand on se targue de 4 titres avec Tapie, ce n’est pas vraiment la honte qui doit vous étouffer… du coup, je ne suis qu’à moitié surpris que la main gauche de Maradonna soit la plus belle leçon d’anatomie du moment. Perso, je préfère encore celle de Vata…

Publié dans paris-santa-blog

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Parigi Mancino 17/02/2009 17:13

Le paragraphe sur Keynes doit être déplacé, sinon cela n'a plus aucun sens. M'enfin, j'y reviendrai plus tard ^^

Parigi Mancino 17/02/2009 17:09

Arf, j'ai pas de pull troué (même si je m'habille assez sobrement), mais pour les cheveux longs, je plaide coupable :DJe crois que s'il y a bien un point sur lequel on a l'air d'accord, du moins sur le plan idéologique, c'est l'idée de justice : je crois que le grand malheur de la société libérale en tant que "type" de capitalisme est son socle relativiste à outrance, la conduisant à privilégier le "libre ajustement" des intérêts de chacun à la légitimité desdits intérêts. En bref, la substitution du juste par l'ajusté. Mais je m'éloigne du débat.Concernant ton analyse économique, j'y adhère globalement. C'est d'ailleurs pour cela que je conchie le PS et la social-démocratie qui d'un côté accepte les règles du capitalisme, et de l'autre s'auto-pénalise au sein-même de ce système en plombant sa compétitivité par diverses réformes dites "sociales". C'est pourquoi j'adhère à l'idée de réduction du temps de travail mais trouve ridicule d'instaurer les 35H dans une économie de marché mondialisée (d'autant que l'argument de la productivité horaire me semble franchement inapproprié à une telle échelle). Voilà l'une des raisons "économiques" pour lesquelles je suis communiste (utilisons le terme générique, car comme chacun sait, il y a autant de communismes qu'il y a de communistes). Le fait est que je ne nie absolument pas le caractère répressif de l'immense majorité des "dictatures du prolétariat" et autres régimes inspirés des théoriciens socialistes (au sens premier du terme) ou communistes lors des 200 dernières années ; mais je pense que ces régimes peuvent être globalement moins meurtriers de facto (les exemples historiques ne sont pas légion, mais il y en a quelques uns) que la logique capitaliste (une fois de plus, terme générique) de l'intérêt individuel.Mais concernant le keynésianisme stricto-sensus, je crois que tu poses l'éternel débat entre post-keynésiens et néo-keynésiens (wouah, il me reste quelque chose de mon année de prépa ECE !) : économie d'injection et de "tuyauterie" contre économie à dimension "psychologique". Me concernant, j'aurais tendance à défendre justement cet aspect psychologique (qui dépasse largement le simple cadre de la Courbe de Phillips - ou du phallus de Phillips, si l'on en suit Kydland et Prescott - et de la neutralité de la monnaie) et l'idée de tension entre l'intérêt particulier d'homo economicus et l'intérêt général macroéconomique.Sur ce point, je suis éminemment pessimiste et pense que toute société humainement constituée ne peut que se doter d'institutions appliquant la Raison d'Etat. D'ailleurs, combien de pays se passent aujourd'hui de "services secrets", l'exemple le plus éclatant de cette conception de la "Violence légitime" ? Sur ce point, tous les contractualistes (sauf Locke, me semble-t-il) sont d'accord, d'Hobbes le "capitaliste" à Rousseau, l'inspirateur de la tradition jacobine. Je crois que de Saint-Just (pourtant un très brillant théoricien et un excellent orateur) à Pol Pot, le problème de la répression massive est surtout celui de personnalités mégalomanes (Mao, Staline, Chaucescu, etc.) ou exhaltées (St-Just, Robespierre...). Vallès, Blanqui (L'Enfermé, retenu dans les geôles des défenseurs du capital pendant des décennies) et bien d'autres ne figuraient pas parmi ceux-ci, et cela semble leur avoir mieux réussi. Après, ce n'est qu'une piste à creuser et à compléter, mais déjà une voie de réflexion que je crois intéressante.Enfin, concernant la formation des profs, je te rejoins tout à fait. Je développerai peut-être plus tard, mais je dois m'en aller séance tenante pour taper la chique avec mes coéquipiers de club ^^

Stardust Chris 17/02/2009 15:32

Waow un prof progressiste ! Je désespérais d’en trouver un sans pull troué et sans cheveux longs (toute ressemblance…) Je vois qu’on est d’accord sur certains points et pas des moindres. Sauf pour l’interprêtation de l’histoire, mais ça n’a que peu d’importance avec ce que tu viens d’exprimer.
 
Quand tu regardes bien, tout le monde aspire à un monde meilleur, y compris moi et sans me contenter du moindre mal. Je pense que le Capitalisme est profondément injuste parce qu’il est rendu tel quel par ceux qui le font. Mais force est de constater le siècle dernier que les conditions de vie et les progrès culturels/scientifiques se sont considérablement accélérés. Avec des tonnes de dommages collatéraux certes, mais les résultats sont là.
On peut corréler cela à ton interprêtation de la Commune, qui a vu de belles avancées en contrepartie de (trop) nombreux morts.
Pour le capitalisme et l’économie de marché, personne n’avait le recul pour imaginer qu’on allait arriver à de telles dérives humaines et écologiques.
L’économie n’en reste pas moins qu’un vaste sujet théorique qui avant tout est un sujet d’experts dont je ne fais pas partie. De plus les grandes théories qui en sont issues concernent principalement les aspects macro-économiques, dont nous les humains ne sommes qu’un maillon. Pour arriver là, il a beaucoup, beaucoup de formules mathématiques complexes qui sont sensées donner le sens du vent. C’est utile pour le Président du FMI ou la banque mondiale, mais pour l’état français… bof. Je pense plutôt qu’il faut les voir comme des courants de pensées utiles pour donner des points de vue sous des angles différents à l’instar de ce qu’on peut trouver en littérature (lumières, positivisme, symbolisme…), art (peinture, musique…) avec à chaque fois des interprêtations différentes selon l'intéressé.
Après, seul le résultat compte et il n’y a pas besoin de savoir en France dans quel courant keynesien nous nous trouvons. Par exemple tout le monde sait que nous vivons au dessus de nos moyens et tant que nos députés continueront à voter des budgets déficitaires sans la croissance économique pour les absorber, nous vivrons avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. C’est en cela que je suis pessimiste sur notre futur car je crois que notre génération vivra la fin de notre modèle social, trop couteux. Nous serons tous reponsables car nous sommes tous au courant du problème !
Comme tu le dis, le capitalisme n’est pas une fin en soit, mais on a les moyens de le rendre moins insupportable qu’il ne l’est actuellement. Je te concède que c’est mal barré quand on voit que les Américains ont le courage de plafonner les salaires des patrons à qui ils ont filé de la thune, mais pas nous. On n’a même pas le courage de mettre des personnes aux conseils d’administration pour surveiller les éventuelles dérives. J’aimerais bien être dans le secret des dieux pour comprendre ces choix là. Personnellement, ça ne me dérange pas qu’ils gagnent bien leur vie avec des salaires à 6 zéros du moment qu’ils privilégient leurs salariés et l’investissement (genre Total… sic !), mais qu’ils assument en cas d’échec. Quand je vois le patron du Crédit Agricole, qui pourtant a accepté la première aide de l’état, ne pas comprendre pourquoi on veut lui imposer des garde-fous, tu vois que le mec ne comprend plus rien à la vie et qu’il est désormais coupé de la réalité. Nous (les Hommes) sommes avant tout coupables de nos propres dérives.
 
J’espère que tu as bien compris l’importance des banques dans le circuit économique. Le crédit est en quelque sorte le liquide amniotique de notre société (même à l’échelle de la planète). Tout le monde en a besoin de liquidités : l’état (hum…), nous (appartement, voiture…), les entreprises (acquisition, investissement… ou paiment des salaires). C’est très simple : si le robinet du crédit n’existe plus, la société meurt inexorablement, l’état et nos entreprises en premier (je te laisse imaginer l’effet domino). De plus ce n’est qu’un prêt à 8%, pas un don. Une belle affaire pour les intérêts (1,4 Md€). Après on peut toujours critiquer celui de 6 Mds €  fait aux deux constructeurs automobiles, mais le faire remet en cause le côté protecteur de l’état. Sans compter que 10% de la population travaille directement et indirectement pour ce secteur…avait-on le choix ? Je ne pense pas.
 
J’aimerais bien savoir à quoi tu penses pour sortir justement de cette économie de marché sans tomber dans le protectionnisme outrancier ou les systèmes communistes/collectivistes qui ont tous échoués (voire terminés en massacres).
 
Concernant les OGM et le nucléaire, je pensais que j’étais le seul français à être pour les deux à la fois ! Tiens ça me fait penser au bioéthanol, la fausse bonne idée et à la (mauvaise) direction que prennent les constructeurs français concernant l’électrique. Pour le premier point, tu vois allègrement de quoi je veux parler, par contre pour l’électrique… heu… c’est une bonne idée sauf qu’on prend le mauvais chemin :
Premièrement parce que l’électricité sera fournie directement par EDF, alors que les allemands et les américains produiront l’électricté grâce à l’hydrogène soit en utilisant ce combustible comme substitut à l’essence (et qui rejettera de la vapeur d’eau). La faute à une loi qui interdit aux véhicules de rouler avec ce type de carburants. Bref…
De plus pour en revenir à une discussion de café de commerce (du moment qu’on y ajoute un zeste de réflexion…), il faut comprendre que si on électrise 10% de notre parc auto, c’est 2 EPR qu’il faut construire. Le nucléaire, c’est bien, mais vu le danger potentiel que ça peut représenter, mieux vaut le limiter. Sinon la prochaine génération en 2040 sera complètement autonome et ne produira plus de déchets. Que cela ne nous empêche pas de continuer à promouvoir les habitations propres et économiques, car il est là le véritable progrès écologique.
 
Pour les OGM, il est encore trop tôt pour réellement en tirer des conclusions. Instinctivement, je suis contre car je n’aime pas trop les formes « d’eugénismes » que l’homme serait tenter d’imposer à la nature, mais vu que nous sommes incapables de distribuer nos 200 M de tonnes de surplus de nourriture et que les pays sous-développés n’ont pas forcément envie d’être constamment dépendants d’ONG, les perspectives offertes semblent alléchantes. Oui, si on arrive à faire pousser des patates survitaminées en plein sahara, mais si c’est pour faire du maïs qui ne fera les affaires de qq grands exploitants et quelques firmes, non, ça n’en vaut pas la peine. En tout cas, il ne faudra pas rater ce virage important. Ca semble si simple en théorie…
 
Je ne conclurai pas sur les profs, en plus c’est même pas drôle vu que tu ne réagis pas comme les autres, mais je sais bien que les sérieux font plus de 35 h. Oui, je pense aussi qu’il faut les payer plus en contre partie d’une formation plus adaptée (et plus longue) à la réalité de notre société et une diminution de leur nombre (contre une meilleure répartition aux endroits clés). Sauf exception, on ne sait pas faire cours à des éléves de ZEP quand on a 23 ans et qu’on vient d’une province paisible… Il ne faut pas non plus oublier les congés car vous avez plutôt tendance à oublier et ce que ça représente sur une année. Perso, j’ai 6,5 semaines, RTT inclus… !
 
Oui, nous jouons bien contre Wolfsburg mercredi… mais ranapéter cette année, y’a le titre et la coupe de France à glaner !

Parigi Mancino 17/02/2009 00:47

Putain, enfin... Même si tu éludes encore quelques unes des questions que je t'ai posé, je dois dire que tu m'impressionnes Alors premièrement, et pour te prouver que je ne suis pas un bobo post-hippie à 2 sous, je vais abonder dans ton sens : si j'émets de gros doutes concernant l'économie des OGM, je n'ai rien contre les OGM en eux-mêmes qui, comme tu l'as dit, apportent une formidable solution au problème de la malnutrition. Quant au nucléaire, même s'il ne s'agit pas d'une énergie renouvelable, c'est de loin la plus efficace et la moins polluante que nous ayons à notre disposition (encore faudrait-il que la Cogéma fasse son boulot ^^), alors oui, je suis pour, et pas qu'un peu.Pour H4, je te rejoins tout à fait, et le fait que je l'ai mentionné était surtout une boutade quant à mes "échecs". Le recrutement est national (voire international) et on a des gens de partout, y compris de zones dites "difficiles". Le problème, c'est qu'à y regarder de plus près, le milieu d'origine des parents est toujours assez constant. Pas forcément particulièrement oseillé, mais avec un "capital culturel" (pour parler bourdieusien) relativement élevé qui offre des atouts indéniables. Je ne nie d'ailleurs pas en avoir moi-même profité, en tant que fils de prof' (c'est une vocation familiale, disons ^^).Ensuite, tu as en quelque sorte raison de me remettre à ma place : l'économie n'est pas ma "tasse de thé" et, si je m'y intéresse modestement, je ne prétendrai pas faire la leçon à un spécialiste dans ce domaine. En vérité, j'utilisais surtout l'exemple du système de retraite (peut-être mal choisi, même si mes sources me semblaient fiables) pour remettre en cause le mythe (très présent) du Modernisme. Concède-moi au moins que le récent retour en grâce de Keynes dans les milieux autorisés - qui avaient dissous et re-dissous son cadavre à l'acide au cours des trente dernières années - a quelque chose d'assez cocasse qui illustre relativement bien mon propos.Mais au fond, on en revient toujours au même problème, à la même distinction d'ordre purement axiologique qui nous oppose de facto et de façon quasi-insoluble : tu défends L'Empire du moindre mal et j'ai tendance à croire (à l'instar de Michéa dans son beau bouquin du même nom - qui n'est en aucun cas une grande masturbation théorique à la BHL, je te rassure) qu'il tend paradoxalement à s'orienter vers Le Meilleur des mondes.Quant à moi, je suis un pauvre post-situationniste perdu dans mes incertitudes, idéaliste mais certainement pas utopiste qui aspire à une société radicalement différente où la production et l'économie en général ne serait plus un processus sans finalité (cf la rhétorique de la croissance, exposée avec brio par Clouscard et qui joue un rôle affolant dans l'imaginaire populaire - voir à ce sujet les allusions de Lagarde à la "croissance négative", néologisme-concept assez cocasse) mais un simple outil au service de l'humanité. Aujourd'hui, alors que l'Etat français a injecté l'équivalent de 55 trous de la Sécu pour sauver ses banques, il semble que ce serait plutôt l'inverse. Ce dernier exemple, je le concède, se situe un peu dans la lignée de l'argumentaire "café du commerce" que j'abhorre, mais je dois admettre que je n'ai pas le courage de développer davantage à l'heure qu'il est. Quoi qu'il en soit, je récuse anthropologiquement la prétendue constante intemporelle d'"homo economicus", et je ne vois pas en quoi le capitalisme serait une "fin de l'histoire", en ce sens que les analyses "pacifisto-centrées" et apolitisées qui vont dans se sens me semble (pour le moment) relativement écornées par les faits.P.S. : J'ai choisi la fonction enseignante pour les mêmes raisons : par rapport au niveau d'étude requis, disons-le, c'est franchement mal payé. Mais à côté de ça, y a pas à se plaindre des horaires de cours (même s'ils sont trompeurs, car quand tu corriges un paquet de 35-40 copies par semaine, à raison de 20-30 minutes par copie - au moins dans les matières rédactionnelles, littérature/philo/éco/histoire/géo, voire langues - les 35 heures sont largement atteintes), et le fait d'apporter du savoir et de la réflexion à des âmes immergées dans une société mercantile, le fait de remettre en cause leurs certitudes de façon pédagogique et de rendre curieux et captivés des étudiants qui avaient des têtes d'enterrement la première fois qu'ils sont arrivés en cours de philo, tout cela est parfaitement épanouissant.Allez, pour finir sur un petit éclat de cuistrerie (d'un apport limité au débat, mais qui fait plaisir quand même et prête à réflexion), une citation de Guillaume d'Orange : "Il n'est nul besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer".Sur ce, je retourne étudier dans ma caverne platonicienne, et n'en ressortirai que mercredi pour un PSG - Wolfsbourg qui, si PLG aligne une équipe à peu près potable (c'est-à-dire sans Pancarte) s'annonce sous les meilleurs auspices.Amitiés parisiennes,P M

Stardust Chris 16/02/2009 22:19

Ca me fait plaisir que tu me parles de causalité... Je pense qu'il y a beaucoup, mais alors bcp d'introspection à faire chez toi et tes collègu... heu camarades !Simplement si je commence à rechercher le comment du pourquoi sur certains sujets et en extraire les origines préhistoriques, on n'a pas fini. Limitons-nous en aux faits, après tout, on n'est pas au brevet et encore moins en prépa littéraire.Encore une fois, je ne suis pas là pour renier "l'apport" de la Commune en terme d'éducation de conditions de travail ou de justice, mais condamner la méthode pour y arriver. Et c'est pareil pour la Révoltion Française, Mai 68, qui sont brandis en égérie par une frange de simples d'esprit (mais bizarrement jamais en ce qui concerne la colonisation).Je vais éviter de débiter le déluges de noms et de faits sur ce que je vais t'énoncer (je te laisse ce privilège tant que ça te donne l'impression d'en savoir plus que les autres...), mais pour moi si on devait retenir qu'une révolution qui a permis dans la "joie et la bonne humeur" des avancées sociales importantes, c'est le gouvernement du Front Populaire. Une victoire dans la rue, suivie d'une victoire dans les urnes. En en plus, on a évité l'extrême droite... Accords de matignon, nomination d'Eboué, (tu termineras ...), avant d'échouer face aux difficultés économiques, certes. Mais avait-on besoin d'un mai 68 bourgeois alors qu'on était dans un contexte mondial d'avancées sociales majeures ? Le pire c'est qu'on va tenter de te faire croire que ça a permis l'égalité homme-femme, l'IVG et autres. Et aux gogos révolutionnaires d'y croire dur comme fer.Je pense sincèrement que c'est la pire chose qui ait pu nous arriver en France durant ce 20ème siècle (guerres exclues) car une bonne partie de nos maux actuels en sont issus, surtout dans le monde éducatif que je connais malheureusement trop bien. Et toujours les fils à papa qui vont à HIV et le reste qui suit papa, mais au fond de la cuvette ! Je critique, je critique, mais j'ai réussir à m'en sortir bien que je n'ai fait que l'essec. L'un des rares prolos de ma promo... C'est ça réalité de mai 68. On te fait croire que t'es l'égal de l'autre, tu penses partir sur le même pied d'égalité et pourtant, tu seras sélectionné selon ton rang social tout ton long de ta vie. Je ne t'apprends rien, t'as du lire Bourdieu. On passera aussi sur les facs ou la populasse vient de découvrir qu'il n'y avait beaucoup de ramiers, notamment, encore une fois, chez les enseignants chercheurs. DE Gaulle disait qu'il était facile de trouver des chercheurs qui cherchent, mais pas des chercheurs qui trouvent. Bien que conscient du problème tu n'accuseras jamais tes pairs conservateurs et encore moins ta petite personne de contribuer à cette sélection naturelle. Regarde t'as fait HIV, y'avait combien de fils d'ouvriers ? Tout ça pour terminer prof qui plus est. Te retrouver avec des élèvèes médiocres en fac te posait-il problèmes ? Je ne sais pas si c'est le résultat d'un échec ou une vocation, mais ton parcours ne ressemble pas à une réussite de probable fils à papa.Pour en revenir à ta formidable diatribe sur la retraire, sache que, toi qui est contre la croissance forcenée,  tout notre système est bati la dessus. Pire une croissance économique et démographique continues. V'la l'aberration. Après je ne sais pas si la retraite par capitalisation est la meilleure, ce que je ne pense pas, mais en tout cas, notre modèle est foireux et condamné dans les 50 ans qui arrivent. La solution, je ne l'ai pas, mais pas en augmentant les prélèvements obligatoires (je ne vais pas t'expliquer pourquoi, y'a wikipédia pour ça) ou en allant chialer dans la rue.Et ce n'est pas ça qui a entraîné la grande dépression américaine, c'est avant tout un mauvais choix politique et bancaire qui a créé une bulle spéculative (en voulant rendre la bourse accessible au peuple avec un sytème de crédit pour acheter des actions) qui comme celle d'internet et des subprimes a fini par être démasquée. Et là on atteint les limites d'un système qui pourtant est le moins mauvais sur le papier. C'est peut ête le bon moment de lui donner une nouvelle direction pour éviter les scandaleuses dérives dont nous avons tous profité aux détriments d'autres. Généralement les plus pauvres. Mais je ne t'en voudrai jamais pour cela, ni même réclamera ta tête sur un piquet. Je vais en rester là car je t'avouerai avoir éclaté de rire lorsque tu t'es aventuré sur le terrain économique qui n'a pas l'air d'être ta tasse de thé.Mais demain, oui est une formidable raison de se lever. Perso, c'est plus la révolution écologique qui m'attire (bien que je sois pour le nucléaire et les OGM - toi tu t'arrêteras à Monsanto sans voir que c'est le seul moyen d'éradiquer la famine dans le monde...). En France sinon rien de nouveau dans un futur proche : Les profs chialeront, on ira toujours 2 fois plus chez le médecins que nos voisins, on sera toujours les plus gros consommateurs d'anti dépresseurs (pour quelles raisons ?), on écrasera toujours celui qui nous gêne. On sera la première  génération qui aura moins de revenus que nos parents qui nous laissent éponger les centaines de milliards de leur existence privilégiée. Doit on leur en vouloir, eux qui pensaient bien faire ? Je ne le pense pas non plus. On les zigouilles à coup de baïonette, comme lorsque c'était top fun de le faire et surtout pour ne plus les payer à rien faire de leur retraite ? Non plus.Cela prendra un peu de temps, mais je reste confiant en l'avenir, sauf en ce qui concerne l'orthographe des plus jeunes. T'y peux p'tet qqch par contre.